Interdiction de la position Mohoric : Pourquoi cette décision ?

Vous ne verrez plus Julian Alaphilippe basculer dans la descente d’un col alpin blotti contre son cadre en position Mohoric. Cette position mis en lumière par Christopher Froome en 2016 vers Luchon est dorénavant interdite dans le règlement de l’UCI.

Qu’est ce que la position Mohoric ?

La position Mohoric vient tout simplement de la trouvaille de Matej Mohoric en 2013 lors de son titre mondial espoir lorsqu’il s’était tenté par une nouvelle position plus aérodynamique en descente. La position Mohoric a pour but, essentiellement en descente, de gagner en vitesse en profitant d’une position aérodynamique. À savoir : les fesses posées sur le tube horizontal, le torse sur la potence, les avant-bras repliés et la tête à l’avant du guidon. Si la position Mohoric est bien réalisée on estime le gain aérodynamique de 15% car la résistance à l’air est diminuée et donc le coureur se retrouve moins freiné en pleine descente.

Pourquoi cette interdiction ?

L’UCI a été assez clair sur son positionnement vis à vis de l’utilisation de la position Mohoric. Elle estime que cette position Mohoric constitue un risque important pour les athlètes et que cette dernière doit être proscrite. Malgré le fait que les coureurs professionnels soient des acrobates sur leurs vélos et que la position Mohoric à ce jour n’est jamais été impliquée dans une chute dramatique, l’UCI par principe de précaution à souhaité y mettre fin. On note également l’argument d’exemplarité des coureurs auprès des jeunes générations qui reproduisaient cette position sur le circuit amateur.

Quelles sanctions pour utilisation de la position Mohoric ?

Que risque un coureur qui serait vu à s’essayer à la position Mohoric dans les épreuves World Tour, aux Mondiaux et ou aux Jeux olympiques ? Au-delà de la sanction financière (925 euros), il s’exposera à une perte de 25 points aux classements UCI, et même à une disqualification. L’UCI a d’ailleurs décidé d’anticiper d’autres positions qu’elle juge dangereuse en interdisant du même coup l’usage du tube supérieur horizontal de la bicyclette comme point d’assise. De la même manière, l’usage des avant-bras comme d’un point d’appui sur le guidon est interdit sauf lors des épreuves contre-la-montre. Le texte en profite également pour rappeler que la position de base du coureur contient trois points d’appui : « Les pieds sur les pédales, les mains sur le guidon et les fesses sur la selle ». Ouf ! Il est encore possible de lever les bras à l’arrivée.

Qu’en pense le peloton professionnel ?

De nombreux coureurs se sont indignés face à l’interdiction de l’utilisation de la position Mohoric en course World Tour. Un camp majoritaire s’insurge contre cette décision avec des figures du peloton qui ont pris la parole pour défendre la position Mohoric comme Michal Michal Kwiatkowski « Si maintenant ils nous interdisent de rouler sur le cadre, l’année prochaine ce sera de lever les mains pour célébrer une victoire » ou encore Egan Bernal qui juge cette décision comme « ridicule ».

D’autres acteurs acquiescent que cette position Mohoric est dangereuse et que l’interdiction de l’UCI comme prévention à l’accident dramatique est une bonne chose. Cela représente une minorité du peloton comme Pierre Rolland qui parle du devoir d’exemplarité des coureurs : « Quand ils voient un champion faire ça, ils vont faire la même chose. On se doit de donner le bon exemple pour la sécurité. »

Enfin Matteo Trentin et Philippe Gilbert représentant des coureurs au CPA ont poussé un coup de gueule auprès des coureurs pour leur demander plus d’implication au sein des décisions prisent par l’UCI notamment.

Vous l’aurez compris la position Mohoric fait grand débat au sein du peloton professionnel mais vous ne la verrez plus lors des courses au risque d’une exclusion du coureur à cette dernière.

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